Les places boursières asiatiques ont accusé lundi l'une de leur pire séance depuis plusieurs années et les indices européens s'affichaient en net recul, dans le sillage d'un mouvement généralisé de vente provoqué par des craintes d'une récession économique aux Etats-Unis après de mauvais chiffres sur l'activité manufacturière et l'emploi.
KENNETH BROUX, RESPONSABLE DE LA RECHERCHE CORPORATE CHEZ SOCIÉTÉ GÉNÉRALE À LONDRES
"La question que les investisseurs et les banques centrales doivent se poser est de savoir si les inquiétudes sur la croissance aux États-Unis seront temporaires ou pourront causer des dommages plus durables à l'économie".
"Le retournement du yen est exacerbé par l'augmentation surprise du taux de chômage aux États-Unis, les doutes justifiés sur les valorisations des valeurs technologiques et la baisse de la rentabilité dans les secteurs industriels plus conventionnels en raison de la modération de la demande des consommateurs".
"La Fed ne baissera probablement pas ses taux de manière anticipée. Mais les six semaines qui nous séparent de la prochaine réunion de la Fed représentent une éternité et, avec la baisse de la liquidité durant l'été, cette remise à zéro du marché pourrait durer un certain temps, jusqu'à ce que les positions trouvent un nouvel équilibre".
FLORIAN IELPO, RESPONSABLE DE LA RECHERCHE MACRO CHEZ LOMBARD ODIER IM
"La séquence FOMC, ISM et créations d’emplois aux Etats-Unis aura pesé sur le sentiment de marché. Là ou le 'focus' était avant tout sur l’inflation et sa tendance à la baisse, la Fed a su replacer le curseur vers une approche plus équilibrée entre inflation et croissance. Et cette croissance justement affiche quelques signes de faiblesse récemment, poussant les investisseurs à prêter une oreille plus attentive à une saison des résultats qui présente une progression des ventes limitées".
"Cet alignement entre message des banques centrales, modération des enquêtes avancées et données micro moins bonnes qu’au premier trimestre a généré une montée d’aversion au risque dans les marchés financiers, poussant la majorité des actifs cycliques à décliner".
"Pour que le 'Fed put' puisse stabiliser les marchés, il semble nécessaire que l’économie puisse montrer des signes de résilience – les prochaines publications seront scrutées avec attention".
VÉRONIQUE RICHES-FLORES, ECONOMISTE CHEZ RICHES FLORES RESEARCH
"Les données sur l’emploi américain ont bouclé une folle semaine, faite : d’un deuxième relèvement des taux directeurs japonais ; d’un FOMC au cours duquel le président de la Fed a, sans sourciller, pris les devants d’une première baisse des Fed Funds en septembre ; d’une baisse, avant l’heure, des taux directeurs de la Banque d’Angleterre. L’ensemble sur fond de menaces grandissantes de récession et de correction d’ampleur des Bourses malgré l’effondrement des taux d’intérêt"
"La réponse de la Fed aux signes avant-coureurs de récession constitue le sujet-clé pour les marchés dans un contexte d’écrasement des primes de risques particulièrement menaçant dès lors que s’accélèrent les révisions à la baisse des perspectives de bénéfices".
"L’économie américaine est entre deux eaux et de la réactivité de la Fed dépendra dans une large partie ses chances d’échapper à une récession. La nervosité des marchés à l’égard des publications économiques a tout lieu d’être particulièrement élevée dans un tel contexte et les risques assortis à l’environnement financier particulièrement aiguisés".
MICHAEL EVERY, STRATÉGISTE CHEZ RABOBANK
"Les marchés du travail se refroidissent, mais ne s'effondrent pas, et c'est ce que souhaite la Fed".
"Nous avons également assisté à une chute des valeurs technologiques, ce alors que leur croissance n'avait pas déclenché beaucoup de commentaires. Maintenant que les cours se retournent, les opérateurs exigent des baisses de taux, mais la Fed souhaite également réduire l'effervescence sur les marchés boursiers".
"La couverture des positions courtes sur le yen et le dénouement des opérations de portage sur le yen, qui ont dopé les actions américaines (et d'autres), ne devrait pas durer beaucoup plus longtemps".
ÉQUIPE SUSTAINABLE MULTI-ASSET SOLUTIONS CHEZ ROBECO
"La semaine dernière, l'attention s'est portée sur les résultats d'entreprises décevants, les décisions des banques centrales en matière de taux d'intérêt et le rapport sur l'emploi aux États-Unis, plus faible que prévu".
"Les banques centrales (BoJ, Fed, BoE) ont augmenté, maintenu et réduit leurs taux cette semaine, ce qui a entraîné une hausse désordonnée du yen, tandis que l'euro en a également profité et que les rendements obligataires ont intégré une grave crise de croissance".
"La faiblesse des chiffres de l'emploi vendredi, confirmant les craintes pour la croissance, a accéléré la tendance en place de baisse des rendements et de déflation des multiples de bénéfices. La vente des valeurs technologiques s'est étendue au monde entier, dont aux fabricants de puces en Asie et en Europe".
JOHN PLASSARD, DIRECTEUR CHEZ MIRABAUD À GENÈVE
"La publication des chiffres de l’emploi pour le mois de juillet nettement en-dessous des attentes pousse certains analystes à parier sur une baisse des taux de 50 points de base lors de la prochaine réunion de la Fed de septembre afin d’éviter un 'hard landing'".
"Selon la Sahm Rule, les États-Unis seraient au début d’une récession ! Cette règle de Sahm identifie des signaux liés au début d'une récession lorsque la moyenne mobile sur trois mois du taux de chômage national augmente de 0,50 point de pourcentage ou plus par rapport à son niveau le plus bas au cours des 12 mois précédents".
"Il est indispensable de rappeler qu’historiquement le mois d’août est un mauvais mois pour le S&P 500. Depuis 1950, en moyenne l’indice est en baisse de - 0.20. C’est en fait le 2e plus mauvais mois de l’année avec celui de septembre (-0.87%)".
(Compilé par Corentin Chappron, édité par Sophie Louet)

0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer